Vous ouvrez le frigo. Un fond de riz de l'avant-veille, la moitié d'un poivron, trois tranches de jambon, un yaourt nature. Vous cherchez « recette avec riz et poivron », et vous tombez sur une préparation qui réclame du lait de coco et de la coriandre fraîche.
Le problème des recettes anti-gaspi, c'est qu'elles partent d'une liste d'ingrédients. Or vous ne choisissez pas vos restes. Il vous faut l'inverse : une méthode qui parte de ce que vous avez.
La règle des trois éléments
Un plat qui tient debout se compose presque toujours de trois choses. Une base qui remplit, une tenue qui nourrit, un goût qui lie l'ensemble. Rien de plus.
Ce que vous avez
Un inventaire, pas une recette
Un féculent ou un légume cuit pour la base. Un reste de viande, de poisson, un œuf ou un fromage pour la tenue. Une herbe, un citron, une épice ou une sauce pour le goût.
Ce qui manque
Presque toujours accessoire
Si un élément manque, il se remplace. Pas de protéine ? Un œuf suffit. Pas d'herbe ? Un filet de vinaigre relève tout. Un plat sans le troisième élément est fade, jamais raté.
Regardez votre exemple de tout à l'heure. Le riz est la base. Le jambon est la tenue. Le poivron apporte le goût, et le yaourt devient une sauce si vous y ajoutez du sel et un peu d'acidité. Vous avez un plat, et vous n'avez rien acheté.
La règle à retenir. Ne cherchez pas quoi cuisiner. Regardez ce que vous avez, classez-le en base, tenue et goût, puis assemblez. La recette naît de l'inventaire, jamais l'inverse.
Trois sauces qui rattrapent n'importe quel reste
Un reste réchauffé sans rien est triste. Le même reste enrobé d'une sauce redevient un plat. Ces trois préparations se font en deux minutes avec des produits qui se gardent des mois.
- Vinaigrette : huile, acide (citron ou vinaigre), sel. Pour tout ce qui se mange froid, riz, pâtes, légumes cuits, lentilles.
- Crème moutardée : crème ou yaourt, moutarde, poivre. Pour réchauffer et unifier une viande blanche, un poisson, des pommes de terre.
- Tomate à l'ail : tomate en conserve, ail, huile, sel. Pour transformer n'importe quel féculent en plat chaud complet.
Chacune se décline. La vinaigrette accueille une herbe, la crème accepte un fromage râpé, la tomate supporte toutes les épices. Vous n'apprenez pas trois recettes, vous apprenez trois familles.
Ce qu'on ne réchauffe pas
La méthode a une limite, et elle est sanitaire. Toute liberté s'arrête là.
Manger Bouger recommande de consommer les restes de repas faits maison dans les trois jours et de les conserver au réfrigérateur. Les préparations à base d'œufs crus, comme une mayonnaise maison ou une mousse, se consomment dans les vingt-quatre heures au maximum.
Un reste qui a passé l'après-midi sur le plan de travail ne se rattrape pas avec une sauce. Un plat déjà réchauffé une fois ne se réchauffe pas une seconde. Sur ce terrain, il n'y a pas d'astuce, il n'y a qu'une règle.
Encore faut-il savoir ce qu'il reste
La méthode suppose que vous ouvriez le frigo en sachant ce qui s'y trouve et depuis quand. C'est rarement le cas. On redécouvre le fond de riz au moment où il n'est plus mangeable, et la barquette de jambon un jour trop tard.
Flarasa garde la trace de ce que vous avez ouvert et de quand. Vous savez quoi cuisiner en premier avant même d'avoir ouvert la porte.
Cuisiner ses restes n'est pas une compétence, c'est une information. Savoir ce qu'on a, et depuis combien de temps, suffit à décider du dîner en trente secondes.
Sachez ce qu'il reste, cuisinez le reste
Flarasa liste ce qui est ouvert et ce qui approche de sa date. Vous composez avec ce qui doit partir en premier.
Le meilleur plat anti-gaspi n'est pas celui d'un livre de cuisine. C'est celui que vous improvisez ce soir, avec exactement ce qui allait finir à la poubelle demain.
Source : Petit guide de la conservation des aliments et règles d'hygiène, Manger Bouger.
